Sous tutelle de l’ONU et de la mission de la MINUK (1) depuis 1999, le Kosovo se trouve aujourd’hui encore dans une position délicate qui lui confère un statut particulier. Cette tutelle onusienne, qui dure depuis six ans, en vertu de la résolution 1244, maintient le Kosovo dans un statu quo. Pas encore un pays et plus tout à fait une région appartenant à la Serbie - Monténégro, c’est un lieu paradoxal, morcelé, une entité à part, une parenthèse : l’Unmikistan.

Avec un taux de chômage d’environ 70%, une économie au ralenti, des infrastructures vieillissantes, des problèmes ethniques toujours pas réglés, une population qui ne semble pas porter en elle les fondations d’une nation en devenir, attachée à des valeurs et références communes, puisque les uns veulent l’indépendance, les autres l’autorité de Belgrade ; le Kosovo attend et retient son souffle. Sa respiration est lente et douloureuse. Tout y apparaît immobile, figé, en suspens, prêt à exploser aussi. Pourtant, ce n‘est pas une agonie, pas encore. C’est un coma.

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