lls s’appellent Traoré, Diallo ou Nougassa, migrants et mineurs. Ils ont parcouru des milliers de kilomètres pour arriver à Créteil, dans le Val-de-Marne. Ils ont fui la misère de leur pays, poussés par leur famille puis abandonnés par un passeur à Roissy ou à la gare du Nord. Chaque mois, environ 200 mineurs venus pour la majorité d’Afrique franchissent ainsi la lourde porte blanche de France Terre d’Asile. Pour ces jeunes migrants, c’est la fin d’un long parcours. Mais le début d’une attente interminable. Cinq jours, pour être précis. La loi prévoit en effet, depuis la circulaire Taubira de mai 2013, une « mise à l’abri » de cinq jours à l’hôtel. Le temps pour France Terre d’Asile – mandatée par le Conseil général du Val-de-Marne – de mener l’enquête et déterminer si ces jeunes sont bel et bien mineurs comme ils le prétendent. Au final, seul un migrant sur trois est reconnu mineur.

Le destin de ces jeunes étrangers se joue sur la foi d’un simple entretien d’évaluation de l’âge. En cas de doute, un test osseux est pratiqué. Des techniques décriées tant sur le plan médical qu’éthique, mais elles ont pourtant été reconduites par la loi sur la protection de l’enfance votée le 12 mai. L’enjeu est de taille. S’il est déclaré mineur, le jeune est confié à l’Aide sociale à l’enfance et entame une nouvelle vie. Dans le cas contraire, il retourne à la rue, sans ressources et sans familles. Il peut même faire l’objet d’une procédure d’expulsion du territoire français.

Eric Allermoz.

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