Têtes d’affiches



Souvenez vous 2002, la campagne présidentielle et le portrait de campagne de Jean-Marie le Pen. Pour certains, cette image, inédite et flatteuse, qui présentait le candidat historique du Front National en grand père attendri, devenue affiche officielle du candidat, avait été en partie à l’origine de son accession au second tour. Aujourd’hui encore, à moins de 15 jours de l’élection présidentielle, l’affiche officielle des candidats constitue un enjeu primordial de la campagne, parce que c’est elle qui va porter l’implication des militants pour leur candidat.

Le portrait officiel, l’affiche de campagne du candidat, est donc bien plus qu’une simple image. C’est la représentation, la mise en scène à la fois du candidat, de ses idées, de ses valeurs mais aussi l’incarnation du parti lui-même et au-delà, de manière symbolique, la photo, le portrait de chaque militant. En effet, chaque encarté ou sympathisant est censé se reconnaître, tout au moins se sentir proche de cette image pour pouvoir se rallier au candidat et ne faire plus qu’un avec lui. Être derrière lui.



Dans le même temps, être militant, soutenir un candidat au moment d’une élection présidentielle, c’est vivre au rythme de celui-ci, faire corps avec le parti et plus encore avec le candidat. C’est manger, penser, dormir avec lui. C’est distribuer des tracts avec sa photo, c’est arborer un badge à son effigie. C’est brandir des affiches avec cette même photo lors des meetings, c’est coller ces mêmes affiches la nuit sur les murs des villes.



La photo officielle du prétendant à l’investiture présidentielle, sa représentation le temps d’une campagne, devient alors le lien privilégié, presque intime, entre le militant et le candidat.



L'affiche qui entre dans le champ privé des militants, signifie aussi que le candidat est lui aussi un militant. Un homme parmi les autres au service d’une même cause.

1234567891011121314151617181920
1234567891011121314151617181920